L’actualité : lundi 9 mars 2025 – [hieralaune.fr]

Ce lundi 9 mars 2025, la planète ressemble à un appartement mal géré par des propriétaires milliardaires : ça prend l’eau en Argentine, ça crame en politique, ça grince sur le climat, et au milieu de tout ça on explique aux gens qu’il faut “faire des efforts”. Pendant que la droite patronale compte ses tanks et ses dividendes, les peuples encaissent, et la Terre, elle, n’a plus trop d’humour.​


France

Actu politique

En France, Emmanuel Macron rejoue son rôle préféré : “Monsieur Europe qui sauve le monde armé d’une tribune et d’un powerpoint”. Il pousse un plan de réarmement européen à 800 milliards d’euros, baptisé “ReArm Europe”, censé combler le trou laissé par le désengagement américain en Ukraine, tout en expliquant d’un air sérieux qu’il n’y a pas d’argent pour les hôpitaux, les profs et la transition écologique. Les médias étrangers notent que l’Europe, et particulièrement la France, se retrouve dos au mur parce que Donald Trump coupe l’aide militaire à Kiev ; chez nous, on présente ça comme de la “responsabilisation européenne”, alors que ça ressemble surtout à “on paye la note pendant que les vendeurs d’armes sabrent le champagne”.

Cerise sur le sondage, le baromètre Elabe annonce que Macron regagne des points : 27% des Français disent lui faire confiance, +6 en un mois. Dit autrement, plus de deux personnes sur trois continuent de penser qu’il roule pour la minorité et pas pour le plus grand nombre, mais ça suffit déjà pour que les éditorialistes nous rejouent le coup du “Macron revient dans le jeu” – comme si le problème, c’était le score du président, pas le score de fin du mois des travailleurs.

À l’Assemblée, on cause de proportionnelle comme on repeint un HLM qui s’écroule : un peu de couleur sur les murs, mais on ne touche surtout pas aux fondations sociales. Yaël Braun‑Pivet explique que la réforme démocratique, c’est bien, mais qu’il y a d’autres urgences ; pendant ce temps‑là, aucune proportionnelle n’est prévue… pour la répartition des richesses.

Actu générales

Mars 2025, c’est aussi le mois où l’administration découvre que les gens n’aiment pas la paperasse : la réforme “Solidarité à la source” commence à pré‑remplir les ressources de plus de six millions de personnes pour le RSA et la prime d’activité. On nous vend ça comme une révolution sociale, alors qu’en vrai c’est juste l’État qui arrête de mettre des bâtons dans les roues aux plus précaires pour toucher des droits déjà théoriquement acquis – ce que les assos réclamaient depuis des années.

Dans le même temps, le malus écologique se durcit sur les voitures les plus polluantes et la taxe solidaire sur les billets d’avion grimpe, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour le climat… sauf qu’on évite soigneusement de toucher aux jets privés et aux SUV de luxe, ceux qui flinguent le plus la planète par litre de frime. On prolonge aussi “Loc’Avantages”, un dispositif qui encourage les propriétaires à louer moins cher contre des réductions d’impôt : très bien, mais tant qu’on ne plafonne pas vraiment les loyers et qu’on ne relance pas massivement le logement social, on reste dans le pansement fiscal sur jambe de bois immobilière.

La Journée internationale des droits des femmes du 8 mars donne lieu à la grande messe annuelle : le gouvernement rappelle qu’il y a encore 14% d’écart salarial entre hommes et femmes, et promet d’être “intraitable” avec les entreprises qui discriminent. Pendant ce temps, sur le terrain, les collectifs féministes rappellent que sans moyens pour l’inspection du travail, sans revalorisation des métiers féminisés (santé, éducation, social), le “féminisme de plateau télé” ne changera pas la vie des caissières, des aides‑soignantes et des mères solo.

Quartiers / Village

Dans les régions, le vent souffle assez fort pour rappeler que le dérèglement climatique, ce n’est pas juste des courbes sur un rapport du GIEC mais des tuiles qui volent et des routes coupées : dans les Bouches‑du‑Rhône, les pompiers enchaînent plus de 170 interventions en quelques heures à cause des rafales. Les journaux locaux en parlent comme d’un “épisode météo musclé”, pendant que les scientifiques répètent – parfois dans le désert médiatique – que l’augmentation de l’énergie dans l’atmosphère rend ces phénomènes extrêmes plus fréquents et plus violents.

Ouest‑France et les autres titres régionaux racontent aussi la vie des villages, les fêtes, les concerts, les actions associatives, bref tout ce qui fait tenir une société quand l’État se désengage et que les services publics ferment les uns après les autres. Dans beaucoup de communes atlantiques, on parle déjà de digues, d’érosion et de montée de l’océan : c’est le monde rural qui sert de cobaye à la catastrophe climatique pendant que les décideurs négocient au champagne la couleur des “green bonds”.

Initiative

“Solidarité à la source”, c’est l’exemple parfait de ce qu’un État pourrait faire depuis vingt ans s’il avait eu envie de simplifier la vie des gens plutôt que de traquer l’allocataire présumé fraudeur : l’administration récupère directement les données de revenus pour calculer les droits au RSA et à la prime d’activité, évitant à des millions de personnes de remplir des dossiers incompréhensibles. Les autres pays européens regardent ça avec intérêt, parce que lutter contre le non‑recours, c’est aussi lutter contre la pauvreté organisée par le labyrinthe bureaucratique.

Pendant ce temps, dans l’espace, Ariane 6 réussit son premier vol commercial en mettant en orbite le satellite français CSO‑3, présenté comme une brique de la souveraineté spatiale européenne. On pourrait se réjouir de voir l’Europe capable de ne pas dépendre exclusivement d’Elon Musk pour envoyer des satellites, mais tant qu’on ne met pas la même énergie à financer le ferroviaire, l’isolation des logements ou l’agriculture paysanne, ça reste une souveraineté qui regarde surtout vers le ciel, pas vers le bas de l’échelle sociale.


Monde

Europe / Amérique du Nord

En Ukraine, ce 9 mars 2025, la guerre continue de broyer du territoire et des vies : la Russie revendique des avancées dans les régions frontalières de Koursk et de Soumy, pendant que Kiev tente de redispatcher ses forces alors que les armes américaines n’arrivent plus. Les analyses internationales expliquent noir sur blanc que la décision de Donald Trump de suspendre l’aide fragilise dramatiquement l’armée ukrainienne et met l’Europe devant ses contradictions : on applaudit le courage des Ukrainiens, mais on a laissé notre sécurité dépendre du bon vouloir d’un président américain climatosceptique et isolationniste.

Le fameux plan “ReArm Europe” à 800 milliards d’euros est donc présenté comme “indispensable” : traduction, on continue à arroser le complexe militaro‑industriel au lieu d’investir la même somme dans une vraie transition énergétique, dans les transports publics gratuits ou dans la rénovation massive des logements. Les éditorialistes les plus lucides, y compris à l’étranger, rappellent que tant qu’on ne s’attaque pas aux racines économiques des conflits – inégalités, pillage des ressources, dépendance aux hydrocarbures – on fabrique des guerres en série qu’aucun arsenal ne pourra éteindre.

Sciences et Avenir, lui, met le projecteur sur la grande machine climatique qui fait tourner tout ça : la circulation océanique atlantique, l’AMOC, qui pourrait sérieusement ralentir sous l’effet de la fonte du Groenland – avec des conséquences “catastrophiques” pour l’Europe, du refroidissement local aux bouleversements de la pluie et des tempêtes. Pendant que les scientifiques tirent la sonnette d’alarme, nos dirigeants discutent encore pour savoir si on mettra ou non quelques milliards dans la rénovation énergétique, histoire de grignoter un peu les émissions.

Afrique / Amérique du Sud

En Argentine, la ville de Bahia Blanca vient de se prendre le climat dans la figure : une année de pluie tombée en une seule journée, des rivières qui débordent, au moins 16 morts et des centaines de disparus, 70% des habitants touchés d’une façon ou d’une autre. Là‑bas comme ailleurs, ce ne sont pas les quartiers chics qui se retrouvent sous l’eau en premier, mais les plus modestes, coincés dans des zones inondables parce que les terrains sûrs coûtent trop cher.

En Afrique de l’Ouest, les journaux francophones parlent d’économie qui essaye de tenir debout pendant que la sécurité vacille : retour d’un contingent de maintien de la paix à Ouagadougou, croissance forte au Sénégal, mesures pour limiter les camions surdimensionnés, tandis que les États du Sahel jonglent entre pression jihadiste, sanctions internationales et besoins vitaux de leurs populations. L’ONU rappelle que la menace terroriste s’étend désormais vers les côtes, avec des centaines d’attaques et près de 2 000 morts en moins d’un an, dans un silence quasi total des grandes chancelleries qui se réveillent seulement quand une mine explose près d’un pipeline ou d’un site minier stratégique.

Asie / Océanie

En Syrie, c’est la tragédie sans fin : dans l’ouest du pays, affrontements entre partisans de l’ancien régime et forces du gouvernement de transition, environ 1 454 morts dont près de 1 000 civils alaouites en quelques jours. Le président intérimaire promet une commission indépendante, mais sur le terrain les gens voient surtout l’éternel scénario : milices, armes, rivalités confessionnelles, et une communauté internationale qui découvre l’horreur entre deux communiqués sur “la stabilité de la région”.​

À côté, l’Iran rejoue le bras de fer avec les États‑Unis : Donald Trump affirme avoir envoyé une lettre musclée à Ali Khamenei pour exiger un accord sur le nucléaire, en suggérant qu’il a d’autres arguments que le stylo si Téhéran refuse. Les dirigeants iraniens répondent qu’ils ne céderont pas au “chantage des puissances arrogantes”, et nous voilà repartis pour un épisode de plus dans la série “Géopolitique du baril de pétrole”, pendant que les peuples iraniens et américains, eux, demandent surtout de l’air respirable et des factures payables.​

En Australie, le cyclone Alfred laisse derrière lui près de 330 000 foyers sans électricité dans le Queensland et la Nouvelle‑Galles du Sud, des rivières en crue et des glissements de terrain à la chaîne. Là aussi, les scientifiques expliquent que le réchauffement des océans dope l’intensité des cyclones, mais les gouvernements continuent de subventionner les énergies fossiles, comme si on essayait d’éteindre un incendie avec un jerrican d’essence.


Insolite

Deux actus insolites (France et monde)

Dans les Alpes, on découvre que même les marmottes sont en burn‑out climatique : des chercheurs montrent que la hausse des températures dérègle leur hibernation, leur reproduction et leur organisation sociale. Quand même les animaux symbole du “calme, on hiberne” se mettent à paniquer, c’est que la planète a vraiment besoin d’un arrêt maladie en urgence – et ce n’est pas avec des pubs pour SUV électriques qu’on va les rassurer.

Plus au nord, en Finlande, des enfants traversent une partie de la Baltique gelée en aéroglisseur pour aller à l’école, parce que la glace n’est plus assez fiable pour être franchie à pied ou en voiture. Sur les photos, ça a l’air d’une aventure rigolote ; dans les rapports scientifiques, c’est juste un symptôme de plus d’un climat qui part en vrille, obligeant les peuples du Nord à inventer des solutions bricolées pendant que les grandes compagnies pétrolières poursuivent leurs forages.

Info positive

Heureusement, tout le monde n’a pas décidé de regarder la catastrophe en se demandant si c’est “bankable”. Au Royaume‑Uni, le projet Western Forest crée le premier nouveau parc forestier national depuis trente ans, avec 20 millions d’arbres à planter sur environ 2 500 hectares pour faire grimper la couverture forestière de zones urbaines à 20‑30% au lieu des 7% actuels. Ce n’est pas la révolution, mais c’est exactement le genre de politique publique qu’on aimerait voir partout : du verdissement réel, pas juste du vert sur les logos de campagne.

Autre lueur d’espoir : le projet Myrrha en Belgique, qui bosse sur la transmutation des déchets nucléaires pour réduire leur durée de radiotoxicité de 300 000 ans à autour de 300 ans. Là encore, ce n’est pas la baguette magique qui effacera tous les problèmes du nucléaire, mais c’est une preuve de plus que quand on met l’intelligence humaine ailleurs que dans l’optimisation des profits à court terme, on trouve des solutions autrement plus utiles que le troisième porte‑avions ou la dixième appli de livraison.


Outro

Voilà le tableau : un monde qui vacille entre guerre permanente, dérèglement climatique et rafistolage social, pendant que les puissants se félicitent d’avoir “pris leurs responsabilités” en signant des chèques à l’armée et des miettes aux plus pauvres. Pour ce bulletin, on s’est appuyé sur un paquet de sources sérieuses – Le Monde, Ouest‑France, TV5MONDE, Euronews, Africa24, Sciences et Avenir, info.gouv, Elabe, mais aussi des médias étrangers de “good news” – et on les a simplement passées au filtre d’une question toute bête : “À qui ça profite, et qui trinque ?”.

Pour continuer à éplucher l’actualité d’hier avec un œil un peu vert, un peu rouge, mais surtout pas résigné, la suite est sur :
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